COUQUEBERG

UDA - 182 COUQUEBERG

De créations en re-naissances KouKyKromiques

Chaque sujet s'éveille au gré de multiples croquis où, en subtile magie, tout est suggéré plus que figuré. En une et même courbe, Couqueberg parvient à libérer une suite d'éléments et d'attitudes qui, spontanément, s'imposent à notre imaginaire. Une vision intérieure de l'artiste qui se projettent directement dans le déroulé de la ligne. Chaque sculpture est un voyage qui naît de multiples arabesques à la mine de plomb jusqu'au modelage, au ciselage, à l'application de la patine par oxydation; Celle-ci se décline en 80 formules soigneusement élaborées et jalousement répertoriées au fil des décennies. « La seule chose que je ne fasse pas, c'est la fusion, je ne suis pas fondeur », précise-t-il. Du modelage, puis, brut de fonderie, l'objet prend vie au fur et à mesure de son avancée aux différents postes de l'atelier. C'est un très vaste espace où chaque activité a sa place exacte. Couqueberg est aussi passionné que rigoureux : « Je passe par de nombreuses étapes délicates où je suis autant artisan qu'artiste ». Dans cette ambivalence et sa propension naturelle à traquer toutes possibilités techniques susceptibles de renforcer l'énergie et la dynamique de son art, les nouvelles matières éveillent sa curiosité. L'altuglas, fruit des technologies de synthèse, translucide et très résistant, bénéficie de l'indice de luminosité du cristal. Couqueberg l'adoube comme source de renaissance pour de nouveaux modelages de certaines pièces déjà façonnées en bronze. Volubile, la lumière s’y fait couleur et ses rayons, volages, s'ébattent aux prismes de la morphologie initiale du sujet.
Autre avancée technique, les argentures colorées et leurs couleurs vives face aux patines précieuses. Elles sont aussi une nouvelle alternative qui apporte une apparence visuelle différente qui métamorphose certaines de ses sculptures cultes. On les découvre alors autrement en reviviscence, comme un poème aux couleurs des voyelles chez Rimbaud. Les coloris vifs et uniformes transforment le sujet en spectaculaires effets miroirs d’un polissage éclatant. Couqueberg nomme cette série KooKyKrom. Appellation inspirée par la première partie de son patronyme et par la particularité chromée de ces nouvelles argentures. Ces techniques remettent-elles en cause le travail antérieur et les patines anciennes élaborées par l'artiste ? Il les présente comme un apport potentiel et non comme une rupture, puisque les épures et les courbes qui caractérisent son travail sont toujours aussi présentes. «Tenez ! La conception de cet éléphant en forme de π grec a 27 ans, son moulage est identique, je lui permets juste aujourd'hui de renaître autrement», précise-t-il en montrant son éléphant emblématique paré d'une carapace d'un turquoise éclatant.
Cette renaissance de l’oeuvre en KooKyKrom ou altuglas ainsi que les travaux à partir de l'inox, de la pierre, de la céramique, tous, permettent d'entraîner notre imaginaire vers d'autres visions, d'autres ressentis et d'ouvrir bientôt de nouveaux horizons, de nouveaux rêves à l'aune du riche bestiaire de ce chercheur de formes et couleurs virtuoses.