Baroni

UDA - 188 Baroni

1930 - 2016

Monique Baroni nous a quittés le 14 juin 2016 des suites d’une maladie qui jusqu’à la fin ne lui laissa aucun répit. Elle était avant tout une femme de responsabilités. Assumant les impératifs de la vie avec abnégation, elle partage jusqu’en 1970 son quotidien entre sa famille et sa passion pour la musique, en particulier le piano qu’elle pratique dès qu’elle le peut. Regrettant depuis toujours de ne pas avoir pu faire les Beaux-arts, elle aime visiter les musées où elle fait connaissance avec les maîtres anciens qui seront pour elle des amers à retrouver dans les moments de doute d’une future carrière dont elle ignore encore l’ampleur inespérée. Sa rencontre avec le peintre Blanchard en jette les bases : à sa demande, il l’initie au dessin et à la peinture, ce qui permet à Monique Baroni de s’inscrire à l'atelier de Clichy dirigé par Simone Barbier, puis en 1971 à l'atelier de Bougival tenu par Georges Regnault (1898-1979). Puis elle suit l’enseignement de Jean-Marc Lange peintre, sculpteur et graveur qui fut 1er Grand Prix de Rome à 19 ans, en 1965. A quarante ans, Monique Baroni vient de trouver la voie qu’elle pensait perdue. Elle fréquente alors les stages du Musée de Saint-Maur et s'initie BARONI sel qui reunit l'humanite à la gravure et à la lithographie. Enfin, elle se rend à l'atelier d'Edouard Mac'Avoy (1905-1991), portraitiste ayant restitué ses lettres de noblesse à sa spécialité, et emblématique président du Salon d'Automne, où elle acquiert la liberté de synthèse de toutes les techniques qu'elle avait apprises précédemment. Sa première exposition personnelle a lieu en 1978, date à partir de laquelle se développe un engouement rapide des galeries pour son travail. Au fil du temps, ses œuvres font leur apparition dans des collections particulières et publiques internationales qui lui permettent d’assouvir sa passion pour le voyage. Sociétaire puis Vice-présidente du Salon d’Automne, Monique Baroni s’affirme vite comme une figure active, prête à s'opposer aux injustices avec véhémence et à défendre les artistes dans le besoin. Dans son œuvre peint se trouve d’ailleurs une humanité peu commune, peut-être même une forme de spiritualité bienveillante qu'elle véhiculait malgré elle et qui savait toucher au cœur tous ceux qui connaissaient des difficultés, quelle qu’en soit la nature. Elle était passionnée, sans concession et surtout d'une grande humilité, supervisant les jours d'accrochage en traversant les halls d'exposition en trottinette afin de s’assurer de pouvoir être utile à tous malgré la fatigue. Le 6 janvier dernier, la Fondation Taylor présidée par Jean-François Larrieu, qui fut d’ailleurs président du Salon d'Automne, a organisé dans ses bâtiments une exposition d’une grande émotion. A son propos, Jean-François Larrieu a écrit : «À côté de Monique Baroni, j'ai appris que la véritable qualité de l'œuvre d'un artiste ne vaut que par l'engagement social et politique de celuici. Celui de Baroni était exemplaire».