Christophe Blanc

UDA - 182 Christophe Blanc

In Vino Veritas

Christophe Blanc fait partie d’une nouvelle génération d’artistes autour de laquelle est voué à se réorganiser le monde des Beaux-arts contemporains. Totalement unique, son oeuvre séduit de plus en plus massivement les collectionneurs désireux de pénétrer dans un avenir depuis longtemps attendu. Son style s’inscrit dans la grande famille de l’expressionnisme qui permet de dire tout, immédiatement et sans retenue. Il en remonte l’arbre généalogique jusqu’à ses origines allemandes du début du siècle dernier, retrouvant sa capacité à traiter des scènes de vie quotidienne sans aucune concession ou jugement à l’égard des attitudes humaines. Il aime manier la matière brute et les tons sourds qui permettent d’invoquer une atmosphère mystique, sans toutefois se vouloir mystérieuse, mais appelant le spectateur à revenir à la toile pour en saisir les subtilités. Sans être un pur formaliste, Christophe Blanc aime exploiter les possibilités de compositions que ses thèmes lui offrent. Son sens du clair-obscur est à ce titre particulièrement saisissant d’efficacité et de justesse. Quelque soit son sujet, Christophe Blanc pose son travail dans une perspective d’histoire de l’art, établissant un lien fort avec des thèmes jadis porteurs de symboles au sein de la banalité du profane.
Au coeur de son travail se trouve l’individu, présenté assis ou debout en position frontale, regardant le spectateur droit dans les yeux. Ces portraits sont toujours fictifs, ne figurant pas tant un homme qu’une humanité allégorique. Autour de ces portraits frontaux se développe une oeuvre en deux parties qui sont chacune un aspect de cette humanité, comme deux réponses majeures à l’existence et aux incertitudes des mortels. D’une part, des tablées hédonistes, figurant le plus souvent une fin de fête, évoquent une explosion de vie dionysiaque. De l’autre, des choeurs à l’unisson appellent à une spiritualité transcendantale et ascétique en quête du beau apollinien. Ces derniers répondent aux chants de camaraderie éméchée des scènes de tablée et proposent une alternative aux joies du banquet. Sur chaque toile, au moins un personnage regarde le spectateur et semble l’interroger : de quelle manière souhaite-t-il suivre le cours inexorable de la vie ? L’oeuvre ainsi développée joue sur les paradoxes profonds de ceux qui prétendent apporter une réponse unique à l’existence, que celle-ci s’exprime dans l’exclusivité du terrestre ou dans l’absolu du divin. L’humanité est capable des excès les plus fous comme du renoncement le plus radical. Plaisirs de l’instant et quête de spiritualité sont-ils irrémédiablement voués à s’entredéchirer jusqu’à l’anéantissement ?