Jean-Claude BLIGNY

UDA - 183 Jean-Claude BLIGNY

Pèlerinage urbain ou contemplation citadine

U ne lumière dans l'obscuritéfut le titre d'une présentation précédente. Aujourd'hui ces nouvelles expositions intitulées Pèlerinage urbainnous permettent de retrouver un artiste pour lequel la lumière, qu'elle soit matérielle ou immatérielle, joue un rôle essentiel. Ici, pas de faux-fuyants, mais une affirmation sans appel, celle de souligner qu'elle est l'essence même de notre vie. Si l'exposition précédente montrait la lumière qui habite les hauts lieux de l'Esprit, celle-ci se trouve au cœur de la ville, semblant naître des monuments et illuminant notre quotidien. Elle nous permet de voir les choses les plus humbles de la vie. Cet éblouissement que nous voyons dans certains de ses tableaux, nous montre l'essentiel de sa démarche : rechercher la lumière intemporelle qui se cache dans les ténèbres et qu'il nous appartient de faire jaillir. Dans cette nouvelle exposition, Bligny choisit de peindre des villes du monde. Il y a ce qu'il appelle des « ancrages sacrés » tels que Venise et la Place Saint-Marc, Paris et le Sacré Cœur, Lhassa et le Temple Taksang. Cette lumière irradiant les cités choisies fait de ces tableaux des espaces de méditation qui, selon l'artiste, doit nous questionner sur le Un et le Multiple, c'est-à-dire sur les différentes approches pouvant nous conduire à l'unité, notre vraie nature. Les peintures de Bligny forment un cheminement entre notre destiné et la mort. Il dit : « Toute naissance et toute mort est un va et vient vers cette lumière infinie. » Jean-Claude Bligny aime jouer avec les lignes horizontales et verticales, symbolisant d'une certaine manière l'union de la Terre et du Ciel, entre le relatif humain et l'absolu céleste. Chez les bouddhistes, on parlera plutôt d'union entre la Sagesse et la Compassion, archétypes créant la dynamique fondamentale destinée à l'éclosion de l'Esprit.
Lorsqu'on lui demande la raison pour laquelle il a choisi les villes pour cette recherche, il dit : « La ville permet une création quasi abstraite, s'apparentant pour moi à des mandalas de couleurs semblables à des assemblages floraux. C'est pour cela que j'aime les couleurs vives des voitures dans la ville, elles sont comme des fleurs qui poussent dans la grisaille des rues. J'aime particulièrement celles de New York qui sont comme des gondoles évoluant dans le sombre des canaux de Venise. Les paysages urbains comme les bouquets présentent les mêmes jaillissements de nuances. C'est une autre manière de magnifier l'univers, une autre voie vers la lumière. Dans mes tableaux, les énergies circulent autour d'un centre invisible, celui d'un point de fuite à l'infini sur la ligne d'horizon. On dit qu'au centre d'un cyclone tout est calme. C'est un peu cette expérience au cœur de la Grande Paix que l'on peut vivre la nuit au centre de nos villes. C'est à ce voyage initiatique que je convie tous ceux qui pensent que l'art est avant tout un truchement entre la matière et l'esprit ».