Régis Broustet

UDA - 184 Régis Broustet

conte le Paris animé

« Le premier mérite d’un tableau c’est d’être une fête pour l’œil», selon Delacroix et c’est une fête en effet de découvrir l’œuvre alerte de Régis Broustet.

Véritable amoureux de Paris, il peint son atmosphère avec vérité et sensibilité. Dès qu’il le peut, il parcourt la ville en tous sens, à toute heure afin d’en saisir sur le vif les ambiances, les lumières différentes. Chaque composition se fait le témoin de son enthousiasme pour cette ville « fourmilière » belle, multiple, changeante selon les quartiers, les heures : la place du Tertre avec ses peintres et les rues étroites si typiques de Montmartre, les quais où les étals des bouquinistes attirent les flâneurs, les boulevards animés de passants pressés qui se rendent au travail. Toutes ces scènes du quotidien l’intéressent. Régis Broustet conte ce Paris éternel et contemporain. S’il admire les monuments qui font la beauté, la gloire de la capitale, ce qu’il aime peindre c’est la vie, ces instantanés qu’il saisit dans leur vérité, poétisés par son regard ; il se sent en proximité avec cette foule anonyme. Aucun détail essentiel n’échappe à ce fin observateur, ce qui permet d’identifier rapidement le lieu élu peint dans la spontanéité de l’écriture. Cet excellent dessinateur démarre sa composition par un fin tracé qui met en place les éléments avant qu’acrylique et lavis prennent le relais pour une œuvre largement traitée, rythmée par l’architecture de boutiques, d’immeubles haussmanniens caressés par un ombrage automnal et de quelques monuments qui situent l’endroit. La palette volontairement réduite à l’orange brûlé, Sienne, bleu-gris, or reflète la lumière si particulière de Paris. Le peintre simplifie le dessin mais s’attarde parfois sur un détail : devanture, rangée de chaises à l’entrée d’un café, stores, enseignes, lampadaires. Cette peinture généreuse est à l’image de l’artiste : dynamique, attentif aux autres. Comme tout créateur authentique, Régis Broustet réfléchit sur sa création qui évolue. Après avoir travaillé uniquement l’huile sur le thème de la mer, il a opté pour d’autres mediums osant ainsi prendre des risques ; ces nouvelles compositions qui chantent l’air de Paris en attestent.



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