Georges Hosotte

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L’eau vive

Georges Hosotte a une prédilection pour l’eau et sa symbolique. En 1994, il sortait un livre intitulé Miroirs qui nous entraînait dans un univers à la fois mythologique et symbolique, détenteur des réponses aux questions essentielles qu’il nous appartient de nous poser.

Aujourd’hui, dans cette nouvelle exposition, Hosotte continue à parfaire son approche en insistant sur le fait que l’art est un lieu d’élévation et de perception. Gaston Bachelard est un philosophe qu’il affectionne particulièrement et la phrase qu’il cite de son ouvrage L’Eau et les Rêves, à la première page du catalogue de cet événement, éclaire de belle manière son propos : « C’est près de l’eau que j’ai le mieux compris que la rêverie est un univers en émanation, un souffle odorant qui sort des choses par l’intermédiaire d’un rêveur... La plus belle des demeures serait pour moi au creux d’un vallon, au bord de l’eau vive, dans l’ombre courte des saules et des osières. » Ce texte né de l’esprit éclairé de Bachelard peut être considéré comme la profession de foi du peintre et la concrétisation de sa quête.
Hosotte fait partie des artistes qui pensent que la peinture n’est pas seulement une simple image, mais plutôt la sublimation de cette image en quelque chose de plus profond, et que la perception que nous en avons peut nous permettre d’avancer sur la voie périlleuse décrite par Chrétien de Troyes dans le cycle des Chevaliers de la Table Ronde, et ainsi nous aider à découvrir les secrets de la vie.
Lorsque l’on parle avec Georges Hosotte, on tombe tout de suite sous le charme tant son verbe est clair et révélateur d’une recherche qu’il a commencé il y a plusieurs dizaines d’années, une recherche qu’il nourrit de lectures mais aussi de l’observation respectueuse de la nature. Pour lui, un arbre est le lien entre la terre et le ciel, une étendue d’eau le domaine d’Ophélie et un monde mouvant d’où peuvent naître tous les possibles, à l’instar des fleurs de nénuphars, une femme alanguie, la gardienne du seuil.
Hosotte a en lui cette dynamique lui permettant d’aller, par l’esprit, plus loin que l’horizon, plus loin que ses propres limites humaines. La toile blanche est un espace qui n’attend que l’acte du peintre, époux mystique dont parlent les Ecritures. Ses peintures et dessins au trait sont autant de prières à la gloire de la Nature et une façon explicite de communier avec la Création qui nous entoure.
En visitant cette nouvelle exposition dans la Chapelle de Bailly, n’oublions pas que l’apparence n’est que le miroir de la Vérité et que celle-ci ne se dévoile que lorsque l’on pose les bonnes questions.