Messaggio

UDA - 185 Messaggio

La Sérénissime ne cesse de me séduire...

“Tantôt romantique, tantôt secrète mais aussi sauvage et intime, la Sérénissime ne cesse de me séduire.”

Messaggio est né sous les couleurs lombardes avant de rallier la Normandie. Beaucoup plus tard, la grande découverte de ce jeune Marco Polo de la couleur sera Venise. Une grande histoire d'amour qui régulièrement l'entraîne chaque année au fil de l'eau dans les entrelacs des antiques demeures et palais construits sur les 118 petites îles qui composent « la reine des eaux », reliées entre elles au dédale labyrinthique de multiples ponts. « Lorsque je peins Venise, je suis absent de tout. Une absence hallucinatoire ! Je laisse à ma main entraînée par je ne sais quel guide magique et mystérieux, le soin de créer l'émotion.
A Venise, plus qu'ailleurs encore, j'essaye d'or ganiser de grandes fêtes avec des couleurs qui s'aiment ». C'est chaque fois un corps à corps, dans l'immense impatience de projeter sur la toile le coup de cœur de l'instant et de traduire le discours d'une indicible et volage lumière. Chaque jour, chaque heure, chaque souffle a la sienne avec juste le temps qu'elle conte au peintre un détail des gloires et décrépitudes de chaque façade, de chaque mur, dévoilant leurs stigmates entre ombre et lumière.
Sous le couteau, Messaggio étire la matière, arase la toile et libère en strates abstraites les vibrations et les énergies qui accrochent notre regard ? Il ressent alors ce besoin irrépressible de littéralement sculpter la pâte sous la spatule, le pin ceau ou les doigts. Messaggio redécouvre alors les multiples couleurs d'épices, safranées, soyeuses. Ces parfums d'Orient témoins de cette opulente plaque tournante du 16ème siècle. L'artiste repère ces empreintes qu'il transforme en sensations chromatiques profondes. Cette impression force une réalité... virtuelle où l'émotion devient sa première couleur. A Royan, Messaggio donne à voir les plus belles Venise qu'il a pu réunir avec ses créations récentes. Dans les interprétations de ce sujet privilégié, le peintre s'inscrit dans la droite ligne d'une transfiguration poétique et védutiste contemporaine dans sa liberté créative face aux mystères qui hantent depuis toujours la Cité des Doge.