Gil Pottier

Gil Pottier - Série homme dans la lumière 10, 92x73cm
Série homme dans la lumière 10, 92x73cm

Le corps et le drapé

Gil Pottier s’apprête à inaugurer sa toute nouvelle exposition au musée Utrillo-Valadon de Sannois.

Avec de longues années de carrière derrière lui, Gil Pottier fait partie de ces artistes discrets qui n’ont depuis longtemps plus rien à prouver. Particulièrement apprécié des connaisseurs, cet ancien élève diplômé des Beaux-arts d’Aix-en-Provence et de l’Université de Montréal connaît le succès depuis les années 1990. Exposé et acheté à Montréal bien sûr, à Paris, Genève, Venise et New-York, pour ne citer que les métropoles qui ont joui de sa présence durable en galerie, ses oeuvres ont fait le tour du monde. Certaines font partie d’importantes collections privées ou institutionnelles, au premier rang desquelles la collection royale du Buckingham Palace.

Gil Pottier doit son succès à son univers facilement reconnaissable. Ses portraits masculins ou féminins aux accents androgynes déclinant à l'infini des caractères communs, sorte d’autoportrait éternellement renouvelé, composent un diaporama des attitudes humaines. N’étant que très rarement caractérisés par leurs traits physiques, ses sujets ont tout le loisir d'affirmer leur individualité par leur gestuelle. Souvent audacieuse, cette dernière permet à l’artiste de communiquer librement l’idée initiale de chacune de ses oeuvres, sans interférence ni tentation d’ornementation parasitaire. Son oeuvre est ainsi souvent saluée pour sa très grande pureté esthétique, soutenue par son dépouillement de tout superflu. Réduites au strict nécessaire, ses allégories agissent de façon d’autant plus pertinentes qu’elles tendent vers une neutralité d’état, un effacement presque taoïste de de l'être au profit du souffle primordial. Vêtus de sobres drapés aux ondulations rectilignes et sculpturales dont la dureté contraste avec l’extrême douceur des corps, les sujets de Gil Pottier semblent porter sur leur dos tout le poids de dix millénaires de civilisation.

Malgré ses nombreuses activités internationales, particulièrement intenses en Italie où il est académicien à Vinzaglio et en Amérique où il a ses attaches, il ne délaisse pas pour autant son berceau français, comme en témoigne son engagement à la Fondation Taylor. Nous sommes ainsi heureux de le retrouver ce printemps à Sannois, dans les salons de la charmante villa Rozée, accompagné d’une quarantaine d’oeuvres. Parmi elles, une série inédite et très attendue par ses collectionneurs, intitulée « hommes dans la lumière »