Liliane Vincent

Lilie, allons voir si la rose...

A son entrée en 6ème, un zéro pointé l’attendait, attribué par son professeur de dessin pour une composition de coquillages réalisée à la maison. « Votre dessin est trop bien fait, ça ne peut pas être de vous ! » Cette injustice involontairement... gratifiante fut le déclic d’une grande vocation longtemps bridée par les exigences professionnelles et parentales jusqu’au 1er avril 88 où, le dernier jour d’un stage d’art plastique, sa vie bascule sous les effets dramatiques d’une mauvaise chute. « La peinture était là. A cause d’elle, j’ai chuté, grâce à elle, je renaissais ».
 

Liliane Vincent est aujourd’hui toute à ses couleurs et le temps de peindre lui appartient. L’eau est presque toujours présente. Entre l’ombre et les ciels d’orage, la mer souvent redoutable lance ses vagues qui se cabrent dans la course des vents. Ailleurs, au rythme des régates, des voiles bistrées et boucannées s’élancent processionnaires, dans l’embellie opale du temps et les gris-rose des flots, au soleil couchant. Même lors de la chevauchée d’un match de polo, l’eau ricoche sur le sable au jusant. Le rythme vif du passage des couleurs, appliqué au pinceau, au couteau ou aux doigts, précipite le mouvement et marque le relief. Leur sélection chromatique précise, insufÅ e la puissance de ses ambiances quand la mer et les vents se déchaînent. Aujourd’hui, l’artiste ose les rouges, les terres, les bleus profonds, les violets en mélange avec les blancs et la légèreté des gris peyne et le vert-olive jusque dans leurs reflets marins.

Si les fleurs sont aussi un de ses thèmes préférés avec leurs propres envolées de couleurs, souvent quelques gouttes de rosée perlent en transparence sur leurs pétales. « L’eau sous toutes ses formes est chez moi symbole de naissance et de vie ! », aime à préciser Liliane Vincent en prolongement de ses rêves picturaux les plus inspirés.

Liliane Vincent - La petite balle, H/T, 100 x 100 cm