Automne 2019 - Cahiers de Chine

UDA 197

ICI LABAS, 798

 

Le 20 juillet 2019, est inaugurée une exposition intitulée « Le Passé moderne » du peintre Rémy Aron, ancien Président de La Maison des artistes, aujourd’hui Président de l’AFAP - Association française des arts plastiques. L’événement a suscité une grande répercussion dans le milieu artistique chinois.

 

Rémy Aron est un vieil ami de la Chine. Il a reçu beaucoup de distinctions honorifiques et a fait de nombreuses expositions en France et dans le monde. Le Président de l’Association française des arts plastiques est également récompensé dans l’Ordre des Arts et des Lettres. Il est depuis 2014, membre-chercheur de l’Académie Nationale de Peinture de Chine. Sa première aventure chinoise date d’il y a quinze ans. Depuis lors, il voyage entre la Chine et la France afin de nouer des liens artistiques et culturels entre les deux pays. Cette exposition présente plus de quarante oeuvres crées par Rémy Aron durant ces dix dernières années : natures mortes, paysages, l’atelier de l’artiste. Ces différentes séries témoignent parfaitement de la richesse de ses recherches artistiques et de la diversité de sa création.

 

Le titre de l’exposition « Le Passé moderne » est emprunté d’un commentaire de Gérard Fromanger, artiste français, très reconnu dans l’histoire de l’art contemporain occidental. Il lui écrivait en juillet 2018: « Tu fais partie de cette lignée, Cézanne, Picasso, De Chirico-Francis Gruber-Giorgio Morandi-Alberto Giacometti, Cubisme, Futurisme, Peinture métaphysique, Réalisme magique, Surréalisme, etc... bien sûr toutes ces périodes nous plongent dans un, disons, « passé moderne » mais aussi et surtout dans une profondeur qui nous rappelle à nos fondamentaux et que c’est de là, de ce socle, qu’un langage neuf peut /doit naître. « Tu te colles à ce travail ardu sans concession à l’air du temps avec une simplicité, une virtuosité et une exigence émouvantes et justes. »

 

UDA 197

 

Pour Rémy Aron, le passé est toujours présent et ne cesse de se développer et de se renouveler. « Les maîtres et la nature sont les deux principales sources de ma création. Confronter la nature à la langue des maîtres, et puis les maîtres à la langue de la nature, c'est la force inépuisable qui me soutient », a indiqué Rémy dans une interview.

 

Mais au lieu d’être des produits hors de son époque, ils sont une condensation du temps contemporain. Ses oeuvres sont presque intemporelles, parce que son art, comparé à l’art contemporain prétentieux et vide de sens, est doté d’une âme capable de cristalliser le temps ».

 

La poésie recherchée par Rémy Aron consiste en un équilibre de composition réalisé par les touches fines accumulées, ainsi que par la mélodie des sautillements des couleurs vives sur les toiles. Indifférent aux nouveaux courants de la peinture occidentale, il a toujours persévéré dans l’exploration de l’essence du langage artistique. C’est son retour régulier au langage classique et à la nature qui lui permet d’avoir des perceptions et des sentiments très personnels qui maintiennent le dynamisme considérable de sa création.

 

Chao Ge, un grand artiste chinois très célèbre, qui connait bien Rémy Aron depuis longtemps, écrit après la visite de l’exposition dans la galerie ICI LABAS: « Rémy Aron est un intellectuel modéré, un peintre de la nuance », a-t-il estimé, « il regarde le passé sans se presser d’avancer. C’est une sagesse précieuse à une époque où tous se développent en hâte dans toutes les directions. Lorsque les gens sont confrontés à des difficultés qui ne cessent de s’agrandir, un retour en arrière nous conduira vers de nouvelles récoltes et nouvelle intelligence. » Avec Rémy reste toujours fidèle à son rêve de peindre. Notre reconnaissance mutuelle est un encouragement pour l’un et pour l’autre.

 

Lors d’une interview, Rémy Aron a explicité ses points de vue sur la peinture chinoise, « La modernité réside dans la peinture de chevalet. Rien ne remplacera la sensibilité, le regard et le pinceau. La peinture est unique et essentielle pour les couleurs, la vue et le sentiment intérieur. C 'est pourquoi j'aime beaucoup la Chine. Qu'il s’agisse de la peinture à l’encre traditionnelle ou de la peinture à l’huile, la Chine est un grand pays de peinture. Elle est aujourd’hui en pleine vie, comme un pays de renaissance, tels que Florence Louis XIV au XVIIème siècle. En plus de la croissance économique, ce pays a conservé les traditions de l’art et de l’enseignement artistique aussi bien chinoises qu’occidentales. Nous espérons que les jeunes Français et Chinois vont s’ancrer dans leur source respective de la peinture face à ce désert de l’art contemporain. C’est ainsi que nous pourrons aboutir à la vraie renaissance culturelle. »

 

Au cours de son voyage pour cette exposition, M. Rémy Aron a eu l’occasion d’apprécier les oeuvres de M. Ding Tianque, Zhuang Huayue et Wu Cangshi. Ce qui a surtout valu son estime, c’est cette âme artistique libre contenant des éléments purs et précieux de l'art français sous les pinceaux de ces trois peintres chinois. En effet, ces trois artistes ont des liens privilégiés avec la France. Leurs maîtres M. Lin Fengming et M. Wu Dayu ont fait tous les deux des études en France, tandis que leurs camarades de classe comme Zao Wou-Ki et Chu Teh-Chun se sont installés en France. Leur maître Wu Dayu a reçu l’enseignement de Bourdelle, peintre et sculpteur renommé et disciple de Rodin, lors de son séjour à Paris.

 

Le 24 août 2019 une exposition consacrée à ces trois peintres, Ding Tianque, Zhuang Huayue et Wu Cangshi, prendra la suite de celle de Rémy Aron, avec comme titre ''Convergence du sens et de l’image''.

UDA 197