Numéro 180 - Juillet - Aout - Septembre 2015

street

Edito

 

Lorsque l’on parcourt les lieux d’exposition dédiés aux arts plastiques contemporains, on est forcément surpris par la diversité des avis et critiques donnés par le public, que ce dernier soit professionnel ou profane.

Lorsque l’on parcourt les lieux d’exposition dédiés aux arts plastiques contemporains, on est forcément surpris par la diversité des avis et critiques donnés par le public, que ce dernier soit professionnel ou profane.

Il est évident que l’art est un domaine particulièrement ouvert à la subjectivité et aux ressentis intimes. Mais comment peut-on expliquer de tels écarts entre les avis formulés au sujet d’une seule et même oeuvre, et ce au sein de communautés d’observateurs plutôt homogènes ? Si l’on laisse de côté la distance qui sépare le figuratif, l’abstrait et le conceptuel, et qui s’explique aisément par leurs partis pris intellectuels respectifs, émettre un avis critique au sein de sa propre famille culturelle relève le plus souvent d’une prise de position personnelle et rarement consensuelle. Peinture et sculpture figuratives comptent aujourd’hui parmi les arts les plus soumis à ce phénomène : non-seulement compartimentées en sphères étanches, elles ignorent jusqu’à la notion même de culture commune.

En présence d’un authentique navet, la majorité des spectateurs d’une salle de cinéma comprend instinctivement – mais sans forcément en saisir les raisons – que quelque chose ne va pas dans ce qu’elle est en train de visionner. Les ressentis seront tous différents, les analyses et argumentations diverses en raison de la disparité des connaissances et des préoccupations esthétiques de chacun, mais il en ressortira comme un bruit général la mauvaise qualité de l’oeuvre projetée. Au minimum, les débats seront animés d’un vocabulaire commun. Mais le partage de références par le plus grand nombre est très largement absent du monde des arts plastiques. La culture populaire liée aux Beaux-arts ne s’est pas uniquement résorbée ou retranchée, mais tout bonnement dissoute. L’oeil du public n’est à ce point plus habitué aux langages de la peinture et de la sculpture qu’il en est devenu incapable d’identifier jusqu’aux critères d’évaluation les plus basiques, tels que la justesse du dessin ou l’harmonie des couleurs et des volumes, et cela même lorsqu’il s’agit d’oeuvres issues d’une pure tradition figurative à l’esthétique formaliste.

Un magazine comme le nôtre, qui s’est donné pour mission depuis plus de vingt ans de défendre les Beaux-arts figuratifs contemporains, a non seulement un devoir de promotion médiatique des artistes, mais aussi d’aide à la recomposition d’un vocable cohérent, capable de réunir créateurs et public par l’usage d’une langue commune. Puisqu’un magazine est avant tout un objet visuel, nous accordons une grande importance à la qualité de nos reproductions et de notre support- papier. Ce dernier fait l’objet, à l’occasion de ce numéro 180, d’une nouvelle montée en gamme qui saura, nous l’espérons, vous satisfaire à l’unanimité.

 

A retrouver dans le Magazine :

Hommage à Max Vauquelin - Hommage à Christian Billet - Fondation Taylor - Pensée sur l'art contemporain - Françoise Bissara-Fréreau - Michel Graff - Patrice Giorda - La vie est belle - Pierre Carron - Jabrun - Jacques Brouail - Daniel Gallais - Franck Godille - Guy Demun - Enakieff - Marcoville - Adela Burdujanu - Roland Lefranc/Joë Fougères - Anne-Marie Torrisi - Graciela Grimaldi et Diego - Zanella - Leonard Rachita - Anne-Catherine Castérès - Eric Javiol - Christian Guirette - Salon du Puy en Velay - Colin - Salon Art'east Vittel - Salon de Villandry - Salon de Sainte Maure de Touraine - Festival de Magné - Salon de Calvi - Salon Mondial Art - Gabriel Fontaine - Exposition Franco-Japonaise - Salon de Lamballe - Salon l'Art du Temps - Salon de Fontenay le Fleury - Salon l'Art et le Vin en Vendomois - Salon de Maubourguet - Manuel Rubalo -