Numéro 183 - Mars Avril 2016

UDA 183

Edito

 

Ce n’est un secret pour personne, le marché des arts graphiques et plastiques traverse actuellement une crise profonde. Mais contrairement à une idée reçue, cette crise ne se résume pas à sa dimension économique, prolongement logique des crises financières qui structurent notre monde depuis si longtemps maintenant qu’il est devenu quasiment impossible au commun des mortels de les différencier les unes des autres. Les Beaux-arts contemporains sont en réalité dans une posture complexe, dont la crise du marché est un révélateur. De nombreuses fragilités ont été mises en relief depuis le ralentissement marqué de la fin des années 2000. Prenons l’exemple des salons, base du système de promotion critique et commercial des artistes en France. Leur nombre a fortement décru et leur budget drastiquement diminué, principalement depuis 2008. Deux causes conjointes expliquent ce phénomène : d’une part l’effondrement des investissements publics, visible à toutes les échelles territoriales, et d’autre part la chute des capitaux prêts à être investis par des particuliers auprès des artistes, ceux-ci étant souvent les seuls « financeurs » de ces événements. Mais la crise ne fait que révéler des fragilités structurelles préexistantes. Les salons français souffrent depuis longtemps de se tenir dans un entre-deux situé à mi-chemin entre l’événement culturel associatif, l’institution publique officielle et la foire commerciale. Sans une image et une fonction clairement définies, les salons sont perçus par le grand public tour à tour comme des entités à but non-lucratif coupées des réalités économiques, comme des collèges critiques réservés à un monde de spécialistes, ou enfin comme des marchés aux intérêts aléatoires. Si l’on ajoute à cela un phénomène relatif de surproduction des arts plastiques et la confusion entre les statuts professionnel et amateur, on comprend aisément les difficultés rencontrées par le modèle traditionnel des salons d’art français. Celui-ci ne trouve plus l’écho historique dont il bénéficiait auprès du grand public, et l’Etat se désengageant de son fonctionnement, il se retrouve mis à nu et sans couverture de secours. Pourtant, les salons les mieux pensés, à la démarche claire et précise, parviennent encore à tirer leur épingle du jeu. Comme dans la plupart des secteurs de notre économie, le problème de fond relève plus de la définition, de la cohérence et de l’orientation que de la seule conjoncture. Si le déni de réalité n’a jamais fait avancer personne, le fatalisme non plus.

 

A retrouver dans le Magazine :

Bonnefoit - Marianne Le Vexier André Plisson Belles de Jour - Albert Maignan - Gustave Moreau-Georges Rouault - Isabelle de Ganay - Jean-Claude Bligny - Claude Verlinde - Celia Brindel - Arno Boueilh - Bernardino Toppi - Delphine Rivals - Monique Gourgaud - Jacques Léonard - Anne Le Cléac'h - Académie de Port Royal Grand Prix 2015 - Dan Jacobson - Gérard Le Gentil - Georges Weill - Michèle Lellouche - La création artistique coréenne en Morbihan - Toshiro Hayashi - Françoise Bongard - Pierre Roy-Camille - Debusschère-Dekeyser - AEAF - Salon Pont de Cheruy - Amicale des Amateurs d'Art - Salon de Saint-Arnoult - 54ème Salon Grand Format à Mennecy - Salon de Dijon - Rubalo - Gélis