Numéro 186 - Octobre - Novembre 2016

UDA 184

Edito

 

« Une rose d’automne est plus qu’une autre exquise. Agrippa d’Aubigné, Les Tragiques, Livre IV »

Cet alexandrin à lui seul emblème de la poésie renaissante, rappelle que ce qui est fascinant dans un apogée, c’est qu’il est suivi d’un déclin. Mais on peut ajouter que ce qui fait le charme du déclin est qu’en lui-même il contient l’image de l’apogée qui l’a précédé. Ce faisant, il le rend durable et permet d’en prendre la mesure. Confrontés à la crise financière, les acteurs du marché de l’art tels que les directeurs et gérants de galeries sont amenés à faire des choix pour garantir leur avenir. Choisir de présenter et de vendre le travail d’un artiste représente en soi le pas le plus important que ces décisionnaires ont à franchir en ces temps d’incertitude accrue. Comme dans la plupart des autres secteurs de la culture, la période est propice aux valeurs sûres, et les investisseurs qui interviennent sur le marché des arts plastiques, se méfiant du jeu spéculatif, tendent à contribuer au ralentissement du marché non seulement en investissant moins, mais en investissant, au fond, toujours aux mêmes endroits. Le succès de certaines galeries, qui se fait sur la base de noms d’artistes – pour ne pas dire de marques – connus et rassurants, ne doit pas occulter qu’une part de leur succès repose sur leur capacité à diversifier leur offre en soutenant des artistes de moindre notoriété. Si sur le papier cela représente une prise de risque, diversifier son catalogue est dans les faits aussi valorisant que le fait de lui attacher des têtes d’affiche. Les galeries qui parviennent à investir judicieusement pour renouveler leur catalogue sont celles qui à l’heure actuelle ont le plus de chances de tirer leur épingle du jeu. Surtout lorsque l’on songe qu’être parmi les premiers à présenter un artiste dans un cadre professionnel signifie aussi détenir la maîtrise de ses prix. La présente période ressemble par bien des aspects à l’automne cher aux mélancoliques : sa beauté réside dans le synchronisme entre la flamboyance de l’ancien monde et l’excitation du nouveau.

 

A retrouver dans le Magazine :

Salon Violet - - Fondation Taylor - Siméon Colin - Jean-Michel Mathieux-Marie - Antoine Vincent - Marc Girardot - Raspini - Mabris - Bellostine - Isabelle Zutter - Danièle Dekeyser - Zacchi - Françoise Guinot - Danielle Rannou - Lucien Ghomri - Eva Maqueda - Carole Melmoux - Jivko - Laurent Navarre - Alain Bonnefoit - Andrée de Frémont - artistes coréens à Nogent sur Marne - Regard d'artiste - Salon d'Automne de Lunéville - L'animal en monument - Salon de peinture de Clairac - Salon de Bourg de Péage - Salon International de Paris 7- Salon de Zillisheim - Salon de Chaville - Ernée - Salon d'Arts Plastiques de l'ADAC - Manuel Rubalo