ART EN CAPITAL

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COMPARAISONS

Grand Palais - Paris

 

DE LA RICHESSE DU DIALOGUE ARTISTIQUE
Gérard XURIGUERA.

On oublie trop souvent que l’histoire des Salons, déjà ancienne de trois siècles, s’est longtemps confondue avec l’histoire de l’art. Très actifs pendant la première moitié du XXème siècle et dès la fin du second conflit mondial, jusqu’aux années 1980, les Salons ont progressivement perdu de leur pouvoir d’attraction, peut-être en raison de leur absence de perceptives, du déplacement des objectifs des artistes, d’une concurrence internationale accrue, d’une forme de lassitude, ou simplement faute de moyens. De la sorte, une grande part d’entre eux a disparu. Comparaisons, après une phase incertaine, a résisté aux bourrasques contraires et s’est redonné un lustre nouveau. Fort d’un passé éloquent, qui a vu défiler nombre d’acteurs notoires de la scène artistique contemporaine, il a su en retenir une fraction non négligeable, et offrir aux autres, jeunes et chevronnés, les cimaises prestigieuses du Grand palais, gage de sa réussite. A la tête d’un comité et de chefs de groupes dynamiques et volontaires, Paul Alexis en a été la cheville ouvrière et par conséquent l’homme de la situation. Une situation désormais stable, reconduite chaque année en dépit des petites fièvres d’ordre humain et matériel, qui ont fait de Comparaisons un Salon debout, bien vivant entre l’artiste et le public, au large des modes et des distinctions d’école. A l’occasion de l’édition 2014, au lieu d’accueillir un artiste de renom ayant participé à Comparaisons, Paul Alexis a décidé, en accord avec son comité, de convier un ensemble d’artistes chinois. Non pas dans l’idée de chevaucher les mimétismes ambiants, mais de dévoiler une autre face des peintres et des sculpteurs issus de cet immense territoire, dans le cadre de la célébration du cinquantième anniversaire de la reconnaissance de la Chine par le Général de Gaulle. Cette synergie culturelle, qui appelle un rapprochement des peuples, à une époque troublée, doit-être comprise comme un enrichissement mutuel et un témoignage de fraternité.

Maintenant, les avancées de l’art chinois au cours du XXème siècle, ne concordent en rien avec celles de l’art occidental. Mais selon le critique Lü Peng : le style artistique chinois refait surface de façon de plus en plus évidente, ce qui met à mal la position des observateurs qui entendent juger l’art chinois actuel dans une perspective axée sur «l’art mondial». Dans un semblable contexte, cette initiative, c’est aussi savoir se montrer éclectique et perméable à d’autres propositions, car, hormis les chinois de l’école de Paris, et les quelques dissidents et installateurs de la diaspora, nous ne savons encore, que peu de choses de l’art chinois, et pareillement de l’art pratiqué en Europe. En somme, il s’agit de découvrir un quantum d’expressions plutôt sages, sans figure hégémonique, où chacune ou chacun décline ce qu’il porte en lui. S’il apparaît fastidieux de tous les citer, on mentionnera le chef de groupe porte-parole du groupe, Yin Xiao Feng, sculpteur puissant aux volumes massifs et scarifiés à la veine expressionniste, mais dont l’oeuvre ne saurait résumer la tendance générale du collectif.

On retiendra pourtant certaines constantes. Ici, pas de représentant radical de l’abstraction chaude ou froide, mais des références récurrentes à la figure et à la nature, qui mixent synthèse et symbole, calligraphie et pulsion contrôlée du geste. Cependant, si nulle identité culturelle n’émane d’elle-même, puisqu’elle est le miroir d’une nation, on comprendra que le plus évident dénominateur commun de ce rassemblement, est son appartenance au même sol. Finalement, dans ces régions contrastées dénuées de violence, où écrire et dessiner sont indivisibles, on constatera une fois de plus, que l’art n’existe que dans l’épreuve de la différence. La perception des oeuvres d’art, quel que soit leur statut, passe d’un côté, par la captation de l’énergie du monde, et de l’autre, par leur projection visuelle dans un cadre spécifique. Non seulement le Salon Comparaisons répond à ces critères, mais il a le mérite de se poser en passeur et de favoriser les échanges entre artistes, en dehors de toute distinction géo culturelle.

Les artistes présents


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