Jacques Léonard
Peindre le visage du monde
Né en 1931 à Paris, Jacques Léonard grandit dans l’appartement familial du boulevard Saint-Michel. Génération meurtrie de la veille : le père de Jacques est un vétéran de la Grande guerre où il est blessé à six reprises. Démobilisé, il finit par obtenir une licence de droit, – comme son épouse -, et trouve un emploi qui lui permet de subvenir aux besoins de la famille. Génération meurtrie du jour : enfant, Jacques est durablement marqué par la violence intrinsèque, tantôt invisible, tantôt brutalement tangible de l’Occupation.
Jacques effectue sa scolarité au lycée Henri IV où il côtoie parmi ses proches camarades un autre futur grand nom de la Figuration du XXe siècle, Paul Ambille. Plus tard, devenu jeune homme, Jacques découvre les caves de Saint-Germain-des-Prés, le jazz, les ambiances existentialistes. Il observe surtout l’hypocrisie et les contradictions d’une classe sociale, de cette bourgeoisie intellectuelle si typique de l’époque. En parallèle de ses études à l’Ecole des beaux-arts, il se montre d’une grande curiosité, lit beaucoup et arpente temps et contrées livres après livres. Il effectue son service militaire durant sa formation aux beaux-arts, est subjugué par la beauté du Maghreb. Il se tient à l’écart de la plupart des engagements idéologiques d’alors ;
son érudition est celle d’un observateur assidu des structures profondes qui sous-tendent l’humanité et ses réalisations, non celle des exégètes de conjoncture. Des aléas de l’Histoire mêlés à son parcours, à sa personnalité sans doute, il développe une distance indubitable vis-à-vis de l’existence et des passions humaines. Enfin libéré de la contrainte des obligations militaires, il est lauréat de la Casa Velázquez. Depuis Madrid il entreprend de grands périples autour de la Méditerranée qu’il poursuit durant plusieurs années. Lors de l’un d’eux, ayant installé son atelier dans une annexe de l’ambassade de France au Maroc, il rencontre à Fez Jacqueline Marcel, enseignante agrégée de lettres qu’il épouse quelques mois plus tard. Ils s’installent alors tous deux dans son atelier de la rue de Seine où ils demeurent pendant quarante ans. Leur entente intellectuelle est durant toute leur vie un moteur d’élévation commun. Leur aversion partagée vis-à-vis de la médiocrité littéraire et créative est particulièrement perceptible dans des périodes de réflexion et de remise en question artistique chez Jacques, accompagnant des choix judicieux, à l’abri des errements trop souvent observés chez ses contemporains. Décidément, la littérature est le miroir le plus édifiant pour qui se met en quête de vérité. A leur amour de la poésie on doit l’élégante concision de nombreux titres d’œuvres de Jacques. Leurs pensées, indissociables dans leurs cheminements respectifs, traversent non-seulement plus d’un demi-siècle de création picturale, mais aussi le temps long du continuum artistique universel, parcouru par l’esprit.
Thibaud Josset
Du 12 au 15 février 2026
Salons Comparaisons
Art Capital
Grand Palais – Paris 8e
www.comparaisons.org
A paraître en avril 2026
Monographie de Jacques Léonard
Editions SEROMA
Format : 24 x 32 cm
192 pages, environ 150 photographies couleur
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