Alain Bonnefoit
Pour une dimension de plus
ModiModeli, 160 x 100 cm, 2024
Juin 2026
Fornace Pasquinucci
Piazza Dori
Capraia Fiorentina (FI)
Italie
En permanence pour les sculptures :
Kalpa Art Living di Olga Niescier
Via Porta all’ Arco
Volterra (PI)
Italie
On a tant écrit sur Alain Bonnefoit, ce maître d’aujourd’hui qui est aussi un peu un maître de tout temps, sur sa peinture, son dessin, son approche du portrait féminin aux confins des avant-gardes parisiennes du début du siècle dernier, de la Renaissance florentine et des traditions vivaces du Japon et de la Corée. Mais on a peu parlé de son œuvre sculpté qui, s’il est effectivement moins conséquent en nombre que son œuvre sur toile ou sur papier, ne lui est en rien inférieur et présente un intérêt tout particulier pour l’œil du collectionneur.
Alain Bonnefoit poursuit son chemin de création qui est avant tout chez lui un chemin de vie. Tous ceux qui ont un jour croisé sa route savent à quel point sa vie d’artiste est indissociable de son art de vivre. Si sa peinture célèbre la figure féminine par la couleur et, plus magistralement encore, par la simplicité du trait, sa sculpture révèle de façon encore plus directe son rapport à la forme sacrée qui traverse l’essentiel de son œuvre. En côtoyant ses sculptures, notamment celles produites en taille directe, on se prend à s’étonner de n’avoir pas pris la véritable mesure de l’impact qu’eut Volti sur lui. Les évocations émouvantes d’Alain Bonnefoit à l’égard de son ancien guide prennent ici une autre dimension, au sens propre comme au figuré, et l’on se met à songer à cette relation de maître à élève que l’on savait déjà être une relation d’amitié et que l’on redécouvre désormais comme une relation de pair à pair. Ses sculptures, quelque soit le matériau : bois, pierre, marbre, albâtre, démontrent l’essence du rapport d’Alain Bonnefoit au volume et elles nous donnent une clef de compréhension inattendue de son œuvre : sa quête de la ligne charnelle parfaite doit beaucoup à la réflexion qu’avait Volti sur la courbe en épaisseur, c’est-à-dire sur la rondeur sculpturale. Le travail d’Alain Bonnefoit en est une essentialisation, d’une pureté totémique. Il a aussi travaillé l’acier et participé à l’exposition des Bois de Versailles par la réalisation d’un bois gravé. Mais là où Volti avait un goût pour la juxtaposition des espaces distincts dans la sculpture, dont l’assemblage fondait l’équilibre, Bonnefoit exploite la matière comme son dessin : avec une souplesse déconcertante de vivacité, sans aucune rupture. L’œuvre semble issue d’un geste simple et unique, d’un souffle continu, maîtrisé comme un éclat de Ki. Les connaisseurs de son travail trouveront dans ses sculptures une part certes mineure de sa production mais néanmoins première de lui-même. Peut-être la plus intime dans sa définition.
Thibaud Josset
Femme rouge, 90 x 60 cm, 2026
